M83 - Hurry up, we're dreaming.

L'album parfait n'existe pas, mais on peut très bien s'en rapprocher un maximum. Comme le dit Stromae dans up saw liz, "de toute façon tu t'enfous de c'que j'dirais, que je fasse mon refrain ou pas, que je le bosse ou que j'le bacle alors j'dirais n'importe quoi". Pour résumé, quel est le rôle de la musique, doit-on s'attendre à des textes rimant, censés ?

 

Pas nécessairement, preuve en est de l'album de M83. Non pas que les paroles n'ont aucun sens, loin de là, mais hormis celles-ci, la combinaison harmonieuse entre la mélodie et les titres fait de Hurry up, we're dreaming, un des albums les mieux construit et donc un des meilleur de l'année 2011. Cet album nous narre la nuit d'un homme quelconque... Tous les titres s'enchaînent logiquement, signe d'un album réussi.

 

Midnight city est le titre phare d'Anthony Gonzales, c'est aussi le plus "concret" de l'album. Je m'explique, ce premier titre, c'est l'histoire d'un jeune qui patiente dans une voiture en attendant le bon moment. Le bon moment pour s'endormir et rêver... Ce premier titre illustre parfaitement le passage, la transition de la réalité au rêve voulu par l'artiste, tant dans ses titres (et notamment celui de l'album) que dans les mélodies. 

 

Après avoir attendu le bon moment, il s'endort et commence à rêver. Tout semble si beau nous indique la mélodie, rien de perturbant, d'angoissant, au contraire un doux voyage d'une nuit... Where the boats go s'interroge t-il. Il patiente. Et pour ceci, les rôles sont inversés, c'est une petite fille qui raconte une histoire (cfRaconte-moi une histoire). Rien d'angoissant, pourtant tout est si incongru à l'image d'un rêve. Après le bateau, le narrateur embarque dans un train en direction de Pluton. Il se sent seul durant ce long voyage, il lui faudrait quelqu'un pour occuper son temps. Il aimerait tant que Claudia Lewis, qui n'est autre que la présidente de la production Fox searchlight, dont il est très certainement un fan, l'accompagne durant ce long périple en direction de la "planète naine". Cette épreuve semble difficile. Peut-être signe d'un réveil ? Un intervenant inconnu aimerait savoir quand va t-il revenir chez lui (cf When will you come home ?). Il lui répond poliment bientôt, sans réellement savoir quand, "someday". Mais l'épreuve qu'il tente de surmonter semble être irréalisable, vraisemblablement une période mouvementée du rêve, de la nuit du narrateur. Ses larmes sont tellement nombreuses qu'elles pourraient remplir un océan (My tears becoming a sea), la période cauchemar. Par ailleurs, la mélodie s'en ressent, celle ci est beaucoup moins enthousiaste, beaucoup plus douce... Il décide donc de changer ses plans, de tenter une nouvelle aventure, une nouvelle fois, la mélodie s'en ressent, elle devient plus gaie. Toutefois sa nostalgie revient, peut être a t-il la sensation d'être passé à côté de quelque chose (Ok Pal)... La fin de son voyage ? Le temps de se réveiller ? ("barren feelings" in Splendor). Le rêve est effectivement terminé, l'heure est au réveil, les oiseaux chantent (cf Fountains). Le rêve a rendu notre narrateur plus fort, il est certainement touché par cette étrange sensation que l'on ressent en se réveillant après avoir fait un rêve que l'on a apprécié. Cette histoire, c'est un éternel recommencement, un cycle que tout humain connaît et vit, qu'il parle français ou une autre langue... (Echoes of mine).

 

L'album d'Anthony Gonzalez originaire d'Antibes désormais installé aux États-unis, est donc magique. Il permet de retracer une nuit entière, dans ses bons et mauvais moments, en une heure et treize minutes de musique. 

 

NK