L'impact musical dans le règlement du conflit Malien.

Depuis quelques mois, la musique est aussi la victime de l'emprise des djihadistes sur le territoire de l'Azawad au nord-Mali. 

 

 

Il y a an débutait ce conflit en terre Malienne. Les habitants de cette zone principalement désertique sont sous la mainmise de mouvements rebelles touaregs et salafistes. Les populations civiles ne sont pas les seules victimes de cette domination, la musique en fait aussi les frais. 

 

 

La musique est un vecteur essentiel de la culture Malienne. En effet, peu d'Etats dans le monde vivent au rythme de la musique (traditionnelle ou non). Outre, les célébrissimes Amadou et Mariam, d'autres musiciens comme Salif Keita ou encore Fatoumata Diawara sont de réelles personnalités reconnues et influentes en terre du n'goni (ndlr instrument atypique de l'Afrique de l'ouest). En bref, la musique - au même titre que le sport en occident -  véhicule dans cette société des valeurs et une éducation à ceux qui l'a pratique, en d'autres termes, une bonne partie de la population. 

 

 

Les islamistes l'ont bien compris. Effectivement, de nombreux clubs de musique ont fermé, de multiples concerts ont été annulés, le fameux festival du désert a même été contraint de s'exiler au Burkina Faso. Ceux-ci ne s'arrêtent pas là. La musique dite occidentale ainsi que celle considérée comme traditionnelle, transmise notamment par les griots, ont été interdites sur les ondes des radios privées mais aussi sur les sonneries de téléphone portable.

 

Vous l'aurez compris, cette façon de faire permet aux radicaux d'implanter davantage leur idéologie au sein de l'imaginaire collectif. Cela permet également  de contenir toute contre-rébellion. Les griots, que nous avons évoqué précédemment, gardien de la culture Malienne, sont de véritables messagers prêchants la bonne parole et capables de soulever l'opinion publique notamment au moyen de la musique. Ceux-ci constituent donc une réelle menace pour la stabilité des djihadistes dans cette région. Ainsi, il est nécessaire pour eux de neutraliser la diffusion de la musique, véritable contre-pouvoir.  

 

 

Cet acharnement est bien évidemment dénoncé par de nombreux musiciens réclamants leur liberté de composer. Selon certains, cette interdiction pourrait avoir un effet nettement plus néfaste que celui escompté. Dans une interview accordée au pureplayer Rue89, Sidi Touré concède  que "dans un pays sans musique, les gens finissent par se manger". Il ajoute "que la musique adoucit les moeurs". C'est pourquoi sont organisés en territoire libre, notamment dans la région de Bamako, de nombreux concerts dont les fonds sont entièrement reversés aux réfugiés de l'Azawad. La musique constitue donc un instrument extrêmement important dans la conjoncture de ce conflit. Les Maliens feront tout pour préserver un pan de leur culture au nom de l'amour de leur pays. 

 

NK